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Décryptage | « La Grande conférence économique » débroussaille les idées reçues

 

Le 31 janvier, la CCI a convié les économistes Sylvie Brunel et Nicolas Bouzou au palais des congrès d’Arles pour une conférence, diffusée sur internet, afin d’éclairer la situation économique de ce début d’année. Leurs convictions incitent à passer à l’action !

Restrictions sanitaires oblige, la cérémonie de vœux de la CCI, courue par tous les chefs d’entreprises et institutionnels du pays d’Arles, n’a pu se tenir. Mais ce 31 janvier, des vœux, de vifs encouragements même, étaient au programme de « La grande conférence économique » avec Sylvie Brunel, écrivain, géographe et économiste experte en sécurité alimentaire et développement durable, et Nicolas Bouzou, essayiste et économiste, directeur du cabinet de conseil Asterès. L’un et l’autre se sont évertués à élargir les regards et l’esprit, comme le souhaitait le président Stéphane Paglia, sans cheminer sur des sentiers battus. Certes, cette crise bouleverse des certitudes et des activités. Mais elle ouvre des champs de transformation jusqu’alors inimaginables. On en sortira plus vite par le mouvement que par l’immobilisme, ont démontré les deux intervenants. Pour Sylvie Brunel, la transition écologique ne doit pas être perçue comme un frein au développement, mais comme une étendue aussi vaste que la Camargue pour rechercher et mettre au point des solutions innovantes face aux changements climatiques, à l’après-pétrole, à la protection de la biodiversité. Préserver n’est pas figer. « Les écosystèmes ont besoin d’évoluer en permanence. Les ressources ne sont pas un stock mais un flux, insiste-t-elle. Pour répartir et partager des richesses, il faut produire, innover, seule condition pour mettre le progrès durable au service de tous ». Elle rappelle que la France est la 7ème nation mondiale exportatrice de produits alimentaires et que cette « souveraineté alimentaire est une chance » quand il s’agit de nourrir la planète. « Pour une agriculture performante, il ne faut pas opposer les modes de production, mais les associer et faire jouer leurs complémentarités ».

Le bon moment pour investir

Nicolas Bouzou s’est concentré sur l’explication du retour de l’inflation après deux ans de pandémie. A ses yeux, elle risque de s’inscrire dans le temps. L’insuffisance de l’offre l’engendre alors qu’une insuffisance de la demande était redoutée. Il souligne cependant que le mécanisme de « spirale prix/salaires » où la montée des uns provoque la hausse récurrente des autres, n’est pas encore avéré. Question de temps ? « Les crises sociales ont lieu dans les périodes de croissance. Les pressions salariales vont être fortes. Il y a déjà des grèves, une demande sociale » note-t-il, en prévoyant des défilés après les élections présidentielles. Si l’inflation dure, il conseille aux entreprises d’investir. « On gagne de l’argent quand on s’endette, on en perd quand on en met de côté ». Comme Sylvie Brunel, il s’avoue convaincu qu’ « il faut produire plus, en travaillant plus et mieux et en innovant davantage », tout en étant conscient des difficultés de recrutement actuelles. En conclusion, Stéphane Paglia a donc invité à créer, innover et avancer. En espérant convaincre les pouvoirs publics d’alléger les contraintes réglementaires pour laisser les entreprises y parvenir !

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